Dendrobium moniliforme

Les orchidées orientales du Japon : Dendrobium moniliforme (L.) Sw.
Orchidée épiphyte et lithophyte (qui pousse sur les rochers).

Dendrobium moniliforme fixé sur un arbre - 日本グーグル

 

Dendrobium moniliforme fixé sur un rocher - 日本グーグル

Nom japonais : sekkoku.
Distribution : on la trouve entre le sud de la région centrale de l'île de Honshû jusqu'au sud du Japon. La limite nord de sa distribution se situe au niveau des préfectures de Miyagi et d'Iwate; ce qui signifie que cette plante est tout de même assez résistante au froid. Même si elle est installée, en culture, à l'extérieur, elle semble pouvoir tenir jusqu'à une température de -10°C à -15°C. Elle ne meurt pas et fait de nouvelles pousses au printemps.

Dendrobium moniliforme - 日本グーグル

Bien qu'elle ne soit pas sur la liste rouge du Japon, elle est néanmoins menacée d'extinction, à l'état naturel, dans un grand nombre de préfectures du Japon, comme l'indique la carte du ministère de l'environnement japonais, ci-dessous.
Légende des couleurs : jaune = presque menacé (NT), orange = vulnérable (VU), framboise = en danger (EN) et en danger critique (CR), gris = éteint (EX).

Dendrobium moniliforme - ministère de l'environnement du Japon ©

Hauteur de la plante : 10 à 30 cm; des feuilles étroites, de forme elliptique, épaisses, plutôt coriaces, lustrées. Les fleurs, blanches avec un peu de violet pourpre, parfumées, s'épanouissent au sommet de la hampe florale de mai à juin au Japon. De l'automne à l'hiver, les feuilles tombent à cause du froid et la plante entre en période de dormance.
Comme c'est une orchidée qui pousse aussi sur les rochers (donc exposition aux éléments naturels et au soleil), elle supporte plutôt bien le soleil et est résistante à la sécheresse. Ses racines étant à l'air, elles aiment avoir une ventilation naturelle et redoutent une grande humidité, qui pourrait alors les faire pourrir.
Au Japon, lorsqu'elle est installée à l'extérieur, la plante est mise à pousser sur des boules de Davallia mariesii (on appelle cette boule "shinobu-dama") ou de Selaginella tamariscina (on appelle cela "iwahiba"). A l'intérieur, la plante est alors présentée en pot, dans de la sphaigne.

Dendrobium moniliforme installé sur un shinobudama - 日本グーグル

 

Dendrobium moniliforme intallé sur un shinobudama - 日本グーグル

Jusque dans les années 1970, on voyait encore des Dendrobium moniliforme sur les arbres, dans les enceintes des temples et des sanctuaires au Japon, mais elles ont peu à peu été enlevées. Heureusement, il y a un nouvel intérêt pour le Dendrobium moniliforme depuis quelques années et c'est ce qui l'a sauvé.

Dendrobium moniliforme en pot, au sommet d'une montagne de sphaigne - 日本グーグル

Mais remontons un peu le fil de l'histoire car, une fois de plus, c'est durant l'ère Edo (17ème-19ème) que les Japonais ont créé un grand nombre de variétés horticoles à partir de l'espèce botanique. A partir de plantes naturelles qui présentaient des formes légèrement différentes, ils ont travaillé la forme et la couleur du feuillage. Ces plantes horticoles, développées sous l'ère Edo portent le nom japonais de chôseiran. Lorsque l'on parle de l'espèce botanique en japonais, on parle de sekkoku et lorsque l'on parle des variétés horticoles créées sous l'ère Edo, on parle alors de chôseiran.
C'est notamment durant les années Tenpô (1830-1843), que ces variétés horticoles ont connu un grand succès et l'histoire nous rapporte qu'il y avait alors plus de 100 variétés enregistrées officiellement dans le pays.

Dendrobium moniliforme installé sur un rocher à l'entrée de la maison - 日本グーグル

 

Dendrobium moniliforme installé sur un rocher à l'entrée de la maison- 日本グーグル

A cette époque, les plantes portaient un nom différent selon que c'était la tige ou le feuillage qui était travaillé. Il y a tout un vocabulaire, très spécifique.
Anecdote amusante, les Neofinetia falcata, dont j'ai parlé dans un précédent message, étaient alors l'objet de passion des shôgun, des seigneurs féodaux et des samouraïs de haut rang, alors que les collectionneurs de Dendrobium moniliforme étaient plutôt les nobles de la cour, les artisans et les commerçants.
Entre la restauration de Meiji et la seconde guerre mondiale, il y a eu une période un peu sombre durant laquelle la plante est tombée en désuétude, néanmoins ce sont presque 100 variétés anciennes qui ont réussi à survivre jusqu'à notre époque.
Alors que c'était surtout le feuillage qui était travaillé durant l'ère Edo, ce sont les fleurs qui ont commencé à être travaillées, améliorées à partir de la fin des années 1980. Il existe aujourd'hui un très grand nombre de variétés horticoles au Japon.

Voici quelques variétés japonaises :

'Akanezuki' - Sagawa Engei ©
'Ryûma' - Sagawa Engei ©
'Hayatama' - Sagawa Engei ©
'Nanki' - Sagawa Engei ©
'Hisago' - Sagawa Engei ©
'Okina' - Sagawa Engei ©
'Kisekkô' - Sagawa Engei ©

Informations traduites du japonais vers le français - Sophie Le Berre.

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