Nanakusa-gayu

Les télévisions japonaises en parlaient hier et Vivre le Japon, sur Facebook, diffusait l'information également donc après avoir parlé des 7 plantes d'automne dans ce blog, voici les 7 plantes du printemps (nanakusa), utilisées dans ce gruau de riz (kayu, nanakusa-gayu), consommé au Japon le 7 janvier et dont la tradition remonte à l'ère Kamakura (12ème-14ème siècle).

Nanakusa-gayu - Internet

Ceux qui vivent ou ont vécu au Japon ont certainement déjà mangé du kayu (avec un umeboshi, abricot confit dans du sel) le lendemain d'un repas trop festif car ce gruau de riz soulage véritablement estomac et foie.
Il en est de même pour le nanakusa-gayu, le gruau de riz mélangé aux 7 plantes de printemps, pour digérer les éventuels excès du nouvel an et surtout, comme la tradition le dit, pour être en pleine santé pendant une année ! (à l'image du bain aux yuzu du solstice d'hiver)

 
Les 7 plantes du printemps, nanakusa - Internet

 

Pack que l'on trouve en supermarché avec les 7 plantes du printemps - Internet

Alors quelles sont ces 7 plantes du printemps ?

1. Oenanthe javanica (Blume) DC. (Apiaceae) appelé persil japonais ou encore céleri chinois. Ses noms japonais sont : seri, shironegusa. Cette plante pousse dans les endroits humides, le long des chemins de campagne; hauteur : 30 cm environ; floraison : de juillet à août. Comme pour toutes les autres plantes citées ci-après, ce sont bien évidemment les jeunes pousses et tiges qui sont utilisées dans le nanakusa-gayu.

Oenanthe javanica - Internet

2. Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. (Brassicaceae) : c'est l'une des espèces de "bourse à pasteur", également appelée molette à berger, bourse de capucin, etc. Ses noms japonais sont : nazuna, penpengusa, shamisengusa... Elle pousse dans les champs, les endroits abandonnés, le long des chemins; elle est arrivée au Japon il y a très longtemps et s'y est naturalisée. Hauteur de la plante : 20 à 40 cm; floraison de février à juin.

Jeunes pousses de Capsella bursa-pastoris - Mokari ©

3. Gnaphalium affine D.Don (Compositae), arrivée de Corée au Japon il y a plusieurs siècles; ses noms japonais sont : hahakogusa, ogyô, gogyô; elle pousse le long des chemins de campagne, dans les rizières asséchées; hauteur de la plante : 10 à 30 cm; floraison d'avril à juin; c'est une plante médicinale consommée également en infusion.

Fleurs de Gnaphalium affine au mois de mai - Internet

4. Stellaria media (L.) Vill. (Caryophyllaceae), petite plante médicinale de 20 cm de haut appelée hakobe, kohakobe ou bien encore hakobera en japonais.

Fleurs de Stellaria media - Internet

5. Lapsana apogonoides Maxim. (Compositae), plante avec les feuilles en rosette, de 10 cm de haut, qui pousse dans les endroits humides et qui porte le nom de ko-onitabirako, tabirako ou encore hotokenoza en japonais. Ce sont les jeunes feuilles que l'on mange. Elle est également répertoriée comme plante médicinale.

Fleurs de Lapsana apogonoides - Internet

6. Brassica rapa ssp. rapa (Brassicaceae), navet japonais appelé kabu, très commun au Japon. Ses autres noms japonais sont : kabura, kabuna, kaburana, ou encore suzuna.

Bottes de kabu japonais - Internet

7. Raphanus sativus var. longipinnatus L.H.Bailey, c'est le fameux daikon (prononcé daïkon), appelé radis blanc, radis d'hiver, que beaucoup d'entre vous connaissent désormais; excellent pour le foie. Il est appelé daikon ou suzushiro en japonais.

Daikon - Internet

Voici une vidéo de 7 minutes, qui présente une famille de producteurs de nanakusa dans le village de Fuji (ville de Saga, préfecture de Saga, nord-ouest de l'île de Kyûshû) et la maîtresse de maison vous livre sa recette pour réaliser un délicieux nanakusa-gayu. Je vous ai mis la traduction de la recette ci-après. Dans la vidéo, ces personnes insistent sur le fait qu'elles cultivent leurs légumes, depuis 30 ans, dans le respect de la nature et avec un coeur bienveillant. C'est une invitation à découvrir la campagne japonaise et ses traditions.



Recette pour préparer un nanakusa-gayu (à préparer la veille)
Ingrédients :

  • 1,7 l d'eau
  • 10 cm de konbu (que l'on trouve dans les magasins bio)
  • 1 sachet de bonite séchée (katsuobushi)
  • 1 tasse de riz blanc ou 2 dl (0,2 l)
  • 1 cuillère à café de sel
  • 1 pack de nanakusa

Pour faire le dashi, on met 1,7 l d'eau dans une casserole, avec le konbu et la bonite séchée, à feu moyen; on coupe le feu juste avant l'ébullition. On passe le dashi dans une passoire et on laisse refroidir.
Dans une marmite en terre (donabe) ou équivalent, on met le bouillon dashi et le riz blanc puis on laisse reposer pendant une nuit, couvercle fermé, à température ambiante.
Si on ne peut pas laisser reposer le riz pendant une nuit, il est recommandé de le laisser tremper dans le dashi au moins pendant une heure avant de le cuire.
A feu fort on fait cuire le riz jusqu'à ébullition et dès l'ébullition, on met à feu très doux et on laisse cuire tranquillement pendant une heure.
Pendant ce temps-là, on prépare les nanakusa : on incise le daikon dans le sens de la longueur. On fait bouillir de l'eau dans une autre casserole, on ajoute un peu de sel, puis le daikon et le navet, que l'on laisse quelques instants.
Puis on ajoute le reste des nanakusa et on les laisse cuire quelques instants; il faut qu'ils soient encore fermes. Si on ajoute un peu de sel à l'eau de cuisson, cela renforce la couleur des légumes.
Dès que les nanakusa sont cuits (craquants), on les met pendant 2 min dans l'eau froide pour couper la cuisson puis on les égoutte. On les cisèle et on les presse pour faire sortir l'eau restante.
Lorsque le riz est cuit, on ajoute le sel et les nanakusa, on mélange et c'est prêt ! On peut, bien évidemment, mettre la quantité de nanakusa que l'on désire.
Bon appétit et portez-vous bien !

Nanakusa-gayu - Internet

Imprimer E-mail

Le site sophieleberre.fr est édité par Sophie Le Berre et hébergé par la société Amen. Ce site est conçu sous le CMS Joomla, solution opensource.
Sauf mention contraire, toutes les traductions et les textes publiés sur ce site sont de Sophie Le Berre - tous droits d'auteur réservés.