Projet de la forêt sur la mer à Tokyo


Umi no mori, que l'on peut traduire par "la forêt sur la mer", est le poumon vert que la Ville de Tokyo va créer sur un tas d'ordures -devenu île artificielle- dans sa baie.

Extraits de l'article rédigé par Régis Arnaud dans le magazine France Japon Eco (Hiver 2008).

"Aujourd'hui il pleut. Quelle belle journée pour une forêt !", s'enthousiasme l'architecte Tadao ANDO devant un auditoire hilare. Ils sont des centaines à se serrer les coudes sur une petite île artificielle de la Baie de Tokyo, bravant le froid de ce samedi matin de novembre.
De toutes origines et horizons, ils sont ici pour planter des arbres. "Leurs" arbres. On en aperçoit déjà quelques-uns, droits dans leur pot, tels des petits soldats du refroidissement climatique. Une poignée de résistants. Contre les gaz à effet de serre, contre le réchauffement climatique. Ils sont les premiers d'une armée de 480.000 arbres, qui jaillira de terre d'ici 2016 pour former Umi no mori, la "forêt de la mer".
L'idée : greffer à Tokyo un poumon supplémentaire.
Placée sur la route des vents marins qui parcourent les rues de la ville, cette forêt de 88 hectares, grande comme le temple Meiji Jingu au centre de Tokyo, servira aussi de sas de rafraîchissement et de purification aux courants d'air, précise Katsuhiro Toki, un haut fonctionnaire rattaché au bureau du gouverneur de Tokyo.
Umi no mori sera le premier noeud d'un réseau vert parcourant la ville et l'aérant, avec pour autres relais entre autres, le Palais Impérial, Meiji Jingu, l'allée boisée d'Omote-Sando...
La température de Tokyo augmente en partie en raison de la poussée récente au milieu de la ville d'authentiques quartiers de gratte-ciels.
Ces derniers, nés des stupéfiants récents progrès des technologies antisismiques, bloquent la circulation des vents dans la ville.

Le lieu d'Umi no mori est aussi symbolique, puisqu'elle poussera sur un polder, c'est à dire un tas d'ordures.
Cette décharge a longtemps reçu les déchets collectés dans les 23 arrondissements de Tokyo, ainsi que les gravats de construction.
Umi no mori deviendra le symbole d'une société orientée vers le recyclage.

Umi no mori est sans doute le projet écologique le plus populaire de Tokyo, et peut-être du Japon. "Le chanteur Bono du groupe U2 est venu planter un arbre le mois dernier", explique fièrement une organisatrice.

Le projet sollicite beaucoup l'esprit de volontariat des Japonais. Il associe les écoles et les groupes de protection de l'environnement.

Quelques extraits de l'interview de l'architecte Tadao ANDO, père du projet Umi no mori :

"Nous devons planter des arbres pour changer la mentalité des gens, pour leur faire prendre conscience de la nature. Mais planter des arbres ne suffit pas, nous devons aussi accompagner les arbres, les regarder pousser... Les enfants en particulier doivent faire cela pour se rendre compte de l'importance de la nature."

"Les villes doivent donc apprendre à vivre avec la nature. Je veux faire de Tokyo un modèle, un symbole de coexistence avec la nature. Une ville sans déchets...
J'espère que le monde suivra cet exemple. La population japonaise est de 120 millions de personnes. Je voudrais que 120 millions d'arbres soient plantés chaque année au Japon..."

Pour en savoir davantage sur ce projet, cliquez sur le titre de ce message et vous arriverez directement sur la page, en anglais, de Umi no mori.

Imprimer E-mail

Le site sophieleberre.fr est édité par Sophie Le Berre et hébergé par la société Amen. Ce site est conçu sous le CMS Joomla, solution opensource.
Sauf mention contraire, toutes les traductions et les textes publiés sur ce site sont de Sophie Le Berre - tous droits d'auteur réservés.