Faut pas rêver... les Kabata du village de Harie

Me voici de retour avec les explications sur ce fameux système de kabata du village de Harie (prononcer "harié").
Pour commencer, le village de Harie dépend de la ville de Takashima, sur les rives du lac Biwa.

Lien vers une carte Google.

J'ai trouvé plusieurs informations (sites et blogs) en japonais sur ce village et ce système d'utilisation de l'eau car de nombreux médias japonais en ont parlé régulièrement depuis ces cinq à six dernières années. Le village de Harie est pris en exemple à travers le Japon pour cette utilisation respectueuse de l'eau et surtout pour les valeurs humaines qu'elle véhicule (respect de l'autre, respect des bienfaits de la nature, bon sens, partage).

Sur les 170 maisons qui constituent le village de Harie, 100 maisons ont un kabata.
Alors en quoi consiste ce système exactement ?

Je ne sais pas si vous vous souvenez du reportage, mais il est dit (je ne sais plus si c'était en français ou en japonais !) que chaque maison a été construite sur une source... ce qui est un élément non négligeable de l'installation. En effet, chaque maison a été construite au-dessus d'une veine d'eau souterraine, située entre 10 et 20 mètres de profondeur.
Le schéma ci-dessous va vous aider à comprendre le système :

Comme vous pouvez le voir sur le schéma, chaque maison est donc raccordée à cette veine souterraine pour recueillir une eau pure, qui se déverse dans ce que les gens de là-bas appellent un "tsubo-ike" ("tsubo" signifiant un pot et "ike", un bassin, une pièce d'eau, un étang...).
Dans ce tsubo-ike (prononcer "tsoubo-iké"), les propriétaires lavent leurs légumes, le riz, utilisent l'eau pour se nettoyer le visage, puis l'eau est déversée, par débordement, dans un autre bassin, qui est le "hata-ike" (prononcer "hata-iké"), dans lequel sont les carpes.

(ci-dessus, photo du tsubo-ike)
 Comme vous avez pu le voir dans le reportage, il y a un ruisseau (petit canal) qui descend de la montagne et qui passe devant chaque maison.

 

 

Des carpes circulent librement dans ce petit canal et peuvent accéder au hata-ike de chaque maison pour remplir le rôle "d'agents nettoyeurs" en mangeant les restes de nourriture, déversés par les propriétaires dans le hata-ike.

(ci-dessus et ci-dessous : l'eau se déverse du tsubo-ike vers le hata-ike, dans lequel circulent ou vivent les carpes)

Une fois que l'eau du hata-ike est nettoyée par les carpes, elle se déverse dans le petit ruisseau, qui dessert chaque maison située en aval.
C'est donc toujours une eau propre qui circule devant et à l'intérieur de chaque maison du village. Puis le ruisseau se déverse dans le lac Biwa.

Je lisais les commentaires de Japonais sur l'un des sites que j'ai consultés pour trouver ces informations et les gens disaient combien ils trouvaient ce système respectueux de tout (nature, êtres vivants) et que cela devrait être "la norme"...

Publié par Sophie Le Berre le .

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