Satoyama ?

Satoyama... 里山 ... En avez-vous déjà entendu parler ?
Le satoyama désigne cette zone, cet espace qui s'étend entre la maison de l'homme et la forêt.
Sato (里), c'est le pays, le terroir, la maison, la famille. Yama (山), c'est la montagne.

 


Satoyama, c'est le Japon rural, le Japon des traditions agricoles, le Japon de la gestion intelligente des trésors que nous offre la nature, le Japon de l'entraide, de la biodiversité, le Japon que j'ai connu pendant trois ans sur l'île de Shikoku et celui que j'aime par-dessus tout.
Celui grâce auquel je me suis intéressée aux plantes du Japon.
Satoyama, c'est l'âme du Japon. C'est ce qui fait sens.


Pour vous donner quelques idées complémentaires sur ce que représente le satoyama, je citerai Sylvie Brosseau, qui est professeur associé à la prestigieuse université de Waseda, à Tokyo et qui fait régulièrement des conférences sur ce sujet : "Communément au Japon, la forêt est perçue en deux parties complémentaires, le satoyama, lisière éclaircie bordée de champs avec des hameaux ou des fermes disséminées, et le okuyama, montagne-forêt du fond, épaisse, inspirant respect et même crainte.


Le satoyama forme, en fond de vallée ou bordure de piémont, l'interface entre la plaine très densifiée et la forêt profonde, et les bois ont été longtemps un soutien indispensable à la vie des communautés villageoises. En plus de fonctions productives essentielles, ils avaient aussi un rôle récréatif -voire esthétique- important, aussi bien pour les habitants des villages que pour ceux de la ville proche qui y venaient en excursion.


Le satoyama est un espace anthropique constitué de nombreux milieux variés qui soutiennent des écosystèmes bien plus riches en biodiversité que la forêt naturelle. Fruit d'un haut niveau de savoirs localisés et différenciés, sa valeur est aujourd'hui de nouveau appréciée.
Menacé de disparition, en voie d'abandon ou absorbé par l'urbanisation, le satoyama est considéré comme forme modèle des relations réciproques entre l'homme et la nature. La nostalgie d'un idéal perdu n'est pas la seule motivation dans ce regain d'intérêt.


Des pratiques et donc des relations entre l'environnement et les hommes sont en train d'être inventées, revivifiées ou renouvelées par des groupes d'acteurs en quête de nouvelles formes de compromis, parfois à partir de conflits.
Depuis peu, le gouvernement japonais a décidé, d'une part de revaloriser son capital forestier et d'autre part, de soutenir et développer le travail des chercheurs entrepris sur le satoyama en organisation Satoyama Initiative Concept.


Cette "plateforme" a pour but, à partir de l'universalisation d'un concept paysager et territorial, celui de satoyama-like landscape, de matérialiser un cadre et un réseau de partenariat pour ensuite conduire à l'échelle mondiale des actions relayées par les institutions internationales et de nombreux organismes privés ou publics."-

Lien vers l'article de Philippe Mesmer, publié dans Le Monde le 28 octobre 2010 : "Avec l'initiative Satoyama, le Japon se lance dans la protection des terroirs"

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à regarder les deux vidéos suivantes... vous en apprendrez davantage sur le satoyama.
"Harvest time in satoyama" :


"Life in a vibrant satoyama forest" :

Publié par Sophie Le Berre le .

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